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2.25 Réception chez les Sinclair

Description générale

  • Chapitre : 2. E. Goffman : une identité produite dans l'interaction
  • Sociologue(s) : GOFFMAN Erving
  • Concept : Analogie théâtrale, Ligne de conduite, Règles de l'interaction
  • Thème(s) : Vie quotidienne
  • Média : Texte
  • Catégorie : Fiction
  • Auteur du matériel : D. Lessing
  • Lieu d'édition : Paris
  • Source : "Nouvelles africaines", Le livre de poche, pp.200-201, 2007.
  • Références théoriques :

    E. Goffman, "Les rites d'interaction", Paris, éd. de Minuit, 1974.

    E. Goffman, "La mise en scène de la vie quotidienne", T.1., Paris, éd. de Minuit, 1973.

  • Lieu décrit : Afrique
  • Date : 2008
  • Temps requis : Entre 1 et 3 heures
  • Auteur(s) de l'exercice : RIGAUX Natalie      

Résumé/Contexte

Doris Lessing, écrivain anglais prix Nobel de littérature, a passé son enfance en Rhodésie (devenue depuis le Zimbabwe). Elle décrit, dans la nouvelle d'où est extrait le passage ci-dessous, un milieu de colons anglais traversé par les tensions entre ceux qui, aimant la vie rurale, ont une activité agricole productive et ceux qui, en s'installant à la campagne, ne sont que des "fermiers à carnet de chèques", n'acquérant des fermes que pour y mener une existence mondaine (tels les Sinclair, dont il va être question).

Consigne(s)

Q1. En ce qui concerne les échanges à propos du départ des Sinclair :

1.1. Quelle est la ligne de conduite des Sinclair vis-à-vis de leurs voisins ?

1.2. Quelle est la ligne de conduite des voisins vis-à-vis des Sinclair ? Définissez celle-ci en utilisant 1 ou maximum 2 règles de l'interaction.

Q2. Il n'y a pas de "tragédie" pendant la réception d'adieu et pourtant, celle-ci marche mal. Pourquoi ? Répondez en situant votre réponse par rapport à une règle de l'interaction.

Erreurs fréquentes

1.1 Si l’on suit la définition donnée par Goffman de la ligne de conduite (cf. corrigé), il ne suffit pas de décrire les actes (non-)verbaux des Sinclair : il faut également reprendre le sens que leur donnent les interactants (ici, à travers le récit que fait l’auteur). On ne peut pas non plus réduire ce message à « prendre les voisins pour des imbéciles » en oubliant qu’en organisant une réception d’adieu les Sinclair manifestent – et pour une part via ce mensonge –  un souci (de la « délicatesse ») pour la face des voisins.

1.2 L'acceptation porte essentiellement sur la ligne de conduite (le motif fallacieux invoqué par les Sinclair), pas fondamentalement sur le fait de ne plus supporter la campagne pour Mme Sinclair. Même s’il est plus pertinent de parler de l’acceptation de convenance (typique, selon Goffman, du rapport à la ligne de conduite d’autrui), il n’est pas faux de parler de considération ou de déférence. Par contre, interpréter la ligne de conduite des voisins comme un « rite d’évitement » n’est pas très correct : en ce qui concerne les expériences, l’évitement porte sur des événements ou des sentiments considérés conventionnellement comme très personnels, ce qui, ici, n’est pas le cas. On a vu en effet que, fut-ce maladroitement, les Sinclair tentent d’éviter à leurs voisins une blessure d’amour-propre (le problème n’est donc pas tant d’être intrusif par rapport à un point de vue que les Sinclair voudraient garder à l’abri des regards indiscrets que de protéger les voisins eux-mêmes d’un motif qui pourrait les blesser). Ne parler que de considération ou de déférence n’est pas correct non plus puisqu’il s’agit aussi d’amour-propre pour les voisins : à la fois en manifestant leur tact et en aidant les Sinclair à ne pas les faire passer pour des rustres.

 

2. C’est la réponse à cette question qui suscite le plus d’erreurs, dont les plus fréquentes sont de deux types. L’auteur ne dit pas (contrairement à de nombreux étudiants) que la réception marche mal parce que les voisins se sentent pris pour des imbéciles. D’une part, l’auteur dit que c’est la « retenue verbale » qui explique ce semi-échec de la réception (c’est donc elle qu’il faut comprendre en termes goffmaniens), d’autre part, on a vu que la ligne de conduite des Sinclair ne peut être réduite à prendre les voisins pour des imbéciles. Deuxième type d’erreur fréquente : dire que la réception marche mal à cause de la déférence des voisins, de leur acceptation de convenance, ou de leur considération à l’égard des Sinclair. Cela est un contre-sens par rapport à la théorie de Goffman : respecter une règle ne peut pas provoquer un malaise mais au contraire, suscite un sentiment de bien-être.

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